Les déclarations de Christine Lagarde annonçant un plan de rigueur dans la fonction publique ont suscité un vent de panique au sein du gouvernement, obligeant Claude Guéant à corriger aussitôt le tir en utilisant l’expression beaucoup plus agréable à l’oreilles des syndicats de « plan de revalorisation » Pourtant dans les sacro-saintes promesses de campagne du président figurait bien l’engagement de ne pas remplacer un poste de fonctionnaire sur deux partant en retraite. Si ça, ce n’est pas de la rigueur …
Manifestement le gouvernement est n’est pas très à l’aise sur cette question. Son paquet fiscal de l’été ayant été perçu pour ce qu’il était, il est tétanisé aujourd’hui par l’idée d’être accusé de faire payer par les pauvres ou les fonctionnaires les cadeaux fiscaux accordés aux riches. Après avoir vidé les caisses, la rigueur est pourtant plus que jamais nécessaire. Malheureusement le gouvernement n’en a déjà plus les moyens. Il apparaît durablement plombé sur toutes les questions économiques par son paquet fiscal, aussi injuste qu'inefficace.
La période est d’autant plus délicate que la question qui fait débat a été tellement mal posée qu’elle empêche tout débat serein. Les engagements sur le non remplacement des fonctionnaires, non seulement ne signifient absolument rien, mais déclenchent tous les fantasmes et les délires idéologiques, à droite, à gauche et chez les syndicats de fonctionnaires.
Au lieu de débattre de la réforme de l’Etat et de la modernisation du statut de la fonction publique, qui sont les vrais sujets, on se perd dans des polémiques stériles et symboliques. Pourtant, si l’on envisageait sereinement ces questions, on devrait pouvoir aboutir à des solutions raisonnables et (presque) consensuelles.
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