Projet éditorial
Horizons est né un peu par hasard en septembre 2006, au tout début de la campagne présidentielle, alors que je venais de me faire recruter sur un poste qui s’est vite avéré être un placard doré (depuis ça a quand même un peu changé). L’idée de départ était d’occuper les journées en tentant de raconter la campagne sous l’angle du débat d’idées. Soutien de l’éphémère candidature de Jean Pierre Chevènement, Horizons a très vite pris un tour idéologique, qui l’a progressivement transformé en point de rencontre de la droite souverainiste, de la gauche républicaine et plus généralement de tout ceux qui désespèrent de l’offre politique et attendent autre chose.
Horizons est aussi - et avant tout - un blog d’analyse de l’actualité politique et économique pour tenter de participer au débat d’idée, de susciter l’intérêt pour la chose publique et de tenter de fournir un éclairage original sur l'actualité. Cela était particulièrement vrai au cours des saison II et III lorsque j'alimentais régulièrement Marianne2 en tant que blogueur associé.
Lorsque cette collaboration a pris fin, j'ai eu tendance à ne plus m'exprimer pour le plus grand public, mais à l'attention principale d'une famille de pensée, que l'on qualifiera de républicaine ou souverainiste, car si elle partage un certain nombre de valeurs commune, elle reste très hétérogène et sans doctrine et stratégie clairement stabilisées. Cependant, si la plupart de mes textes sont orientés idéologiquement, il peut encore m'arriver de produire des analyses d'une totale neutralité, où le but est davantage d'essayer de comprendre un fait d'actualité à partir d'une grille de lecture particulière que de porter un jugement critique.
Ce blog s’est intitulé Horizons parce que j'aime à adopter un point de vue le plus haut possible pour observer la réalité avec un maximum de recul pour essayer de voir plus loin, percevoir les lignes de forces, les tendances lourdes, l’histoire qui s’écrit sur un temps long. Regarder l’horizon c’est tenter de savoir où l’on va, mais aussi de savoir où l’on veut aller, où l’on aimerait aller, car il n’y a pas de démocratie possible, sans vision idéologique, sans utopie. C'est pourquoi depuis la saison III du blog, la tendance est de privilégier les articles de réflexion théorique au détriment des commentaires d'actualité.
Cette réflexion n'est bien évidemment pas stabilisée. Je suis comme beaucoup de monde en recherche et d'une manière générale, je fuis toutes les formes de catéchisme qui sont pour moi des expressions d'une pensée fossilisée. C'est pourquoi notamment, je m'autorise à me tromper et à changer d'avis, et même à me contredire. Mon but est surtout de faire réfléchir, d'interpeller, de casser des certitudes, de lancer des débats, quitte à provoquer et même à choquer les tenants de ma famille de pensée. Le compliment que j'ai toujours préféré c’est “je ne suis pas d’accord avec toi, mais j’adore te lire”
Horizons a parfois accueilli d'autres contributeurs, généralement des commentateurs réguliers. J'ai souhaité au début de la saison V ouvrir davantage le blog à d'autres contributeurs qui partageraient ce "projet éditorial" et se reconnaîtrait dans le positionnement politique décrit ci-après. Il est donc possible que d'autres rédacteurs viennent m'aider à faire vivre ce blog. Je le souhaite.
Positionnement idéologique
La question que se posera le lecteur de passage est de savoir si Horizons est un blog de droite ou de gauche. Même si la question me semble totalement dénuée de sens et de portée, je vais tout de même tenter de répondre.
Soyons clair. Je n'ai pas plus de sympathie pour l'UMP que pour le PS, et réciproquement. Le mouvement dont je me sens le plus proche est "Debout la République" mais sans esprit militant ou sectarisme et dans un esprit d'ouverture à l'égard de toutes les familles de pensée alternatives, souverainistes ou antilibérales, sans exclure ceux que la bienpensance qualifie d'extrême ou de populiste.
A l'origine, je m'inscrivais dans la famille "alter-européenne" en défendant notamment le protectionnisme européen, et plus généralement "l'Europe puissance" contre l'impérialisme américain et le modèle anglo-saxon. La crise m'a fait changé d'analyse. J'ai finis par admettre que l'Europe était irréformable et que les intérêts de l'Allemagne et de la France était devenus tellement divergents qu'il était devenu illusoire de conditionner tout changement des déterminants économiques au fait de convaincre notre grand voisin que son intérêt n'était pas là où il croit le trouver.
Depuis, je suis pour un retour à une souveraineté pleine et entière. Néanmoins, je ne suis ni "nationaliste". (la grandeur de la France n'est pas mon sujet) et encore moins "identitaire". L'islamophobie ambiante m'apparaît non seulement constituer une impasse politique mais le chemin qui nous mènera directement à la guerre civile. Mon attachement à la souveraineté est exclusivement politique, voire purement technique, Le but est de pouvoir reprendre la maîtrise de notre destin et être en mesure de poser les bases d'un système alternatif au libéralisme mondialisé.
Economiquement, je suis pour un rééquilibrage du partage de la valeur entre travail et capital (via notamment une limitation autoritaire de la profitabilité des entreprises) la réindustrialisation, la nationalisation du crédit, la capacité de l'Etat à emprunter directement auprès de la banque centrale à taux nul, pour un maintien du plus haut niveau de protection sociale possible, un renouveau du capitalisme d'Etat et même de plus en plus réservé sur le concept de croissance économique, la course à la compétitivité et le consumérisme. Ce qui me classerait à l'ultra gauche.
Cependant, je suis résolument hostile à toutes les formes de libertarisme sociétal, pour une réhabilitation du principe d'autorité, le primat de l'intérêt de la société sur les droits des individus, contre la féminisation des valeurs, la victimisation, l'infantôlatrie, les droits des minorités, le communautarisme, l'égalitarisme et tout ce qui contribue à la déconstruction des normes sociales qui seules fondent une société. Plus proche finalement des valeur du "système souche" que des valeurs individualistes libérales et égalitaires, chères à mes compatriotes. Tout cela me classerait plutôt du coté des réacs de droite.
Libre donc, au lecteur de me coller toutes les étiquettes qu'il souhaitera. Personnellement, j'ai renoncé depuis bien longtemps. Inclassable, ça me convient très bien.
(Texte mis à jour en septembre 2010)

Bonjour Malakine
Je lis souvent vos post, mais c'est la première fois que j'ai la curiosité de regarder Horizons en tant que tel.
Je suis comme vous une lectrice assidue de Lordon et Todd (période 82-95 surtout). Promis, je vais aussi m'intéresser à Sapir.
Si je peux me permettre, je voudrais attirer votre attention sur un économiste que j'ai récemment découvert et qui me semble susceptible aussi de stimuler votre réflexion. Mais vous le connaissez sans doute. Il s'agit de Pierre-Noël Giraud. Il travaille sur les inégalités, la mondialisation..
PN Giraud est moins radical et écrit moins bien que Todd et Lordon, mais son modèle mental sur l'économie mondiale me parait plus riche et nuancé, tout en restant très structuré.
A bientôt sur votre blog.
Coralie
Rédigé par : Coralie | 18 octobre 2009 à 22:25
Pourquoi le blog en veilleuse ?
Pas de souci, j'espère...
Rédigé par : peutmieuxfaire | 03 décembre 2009 à 08:42
Bonjour!
Je vous ai déja lu,mais c'est la première fois que j'ouvre "Horizons".
Votre positionnement est original,pour le moins,mais comme il est très semblable au mien....je le partage!
Mon seul point de désaccord porte sur la question de l'immigration et l'islamisme.
Je pense qu'effectivement cette question nous conduit à une possible,ou probable,guerre civile.Et pour ma part,je pense que,au rebours de tous les discours bien-pensants du moment,nous ne pourrons pas en faire l'économie.Quand?Je n'en sais rien.Mais elle est inscrite dans les textes fondateurs de l'islam comme dans le discours actuel,à peine voilé,des musulmans dits modérés.Comme dans l'angélisme de nos gouvernants.
Faites-moi l'honneur de croire que je ne suis en rien un va-t-en guerre ou un traineur de sabre.Mais je sais,comme je sais que vous savez,que l'histoire est tragique.Comme vous,j'ai lu avec enthousiasme le livre de Chevènement:13 chapitres d'analyse décapante,et v'lan......le chapitre 14 qui ne propose aucune solution capable de changer vraiment les choses,pour la France s'entend.Nos soit-disant élites m'exaspèrent!
Je continuerai à vous lire avec le plus grand plaisir.
Rédigé par : Marcel Foures | 05 mars 2011 à 16:01