Ce fut un discours fantastique. Extraordinaire. Exaltant. On attendra avant de le qualifier d'«historique», tant Nicolas Sarkozy, gonflé à bloc, s'applique à foncer dans le mur le coeur vaillant.
Ce discours est franc, il remet les choses à plat, rappelle les origines européennes, part d' «évidences» largement acceptées pour tenter de remettre tout le monde d'accord. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy, plein de sa conviction originelle sur le rôle central et primordial de la Politique, tente de porter cette bonne parole hors de nos frontières.
Le discours fut magnifique, et sut exposer une Vision de l'Europe, soit. Une Grande Vision, soit. Mais quid de la méthode ?
De la méthode forte ou de la méthode douce, il a choisi la première. Celle, précisément, qu'il n'était pas en mesure de choisir. Ce faisant, Nicolas Sarkozy réussit à se mettre à dos Bruxelles et nos voisins à la vitesse de la lumière. Il fait preuve d'une grande efficacité pour ce qui est de ruiner ses chances.
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Il ne s'agit pas de lui reprocher de défendre ses convictions : bien au contraire, le reproche tient dans le fait qu'il les défende si mal, de manière remarquablement contre-productive, non dans le discours, mais dans les faits.
Nicolas Sarkozy attaque sur tous les fronts à la fois : pacte de stabilité, euro fort, protectionnisme, Turquie, pêche, paris sportifs... comme s'il trouvait un malin plaisir à construire lui-même la ligue de ses opposants. Les experts de «l'art de la guerre» apprécieront.
Nicolas Sarkozy affaiblit et décrédibilise son propre discours en proclamant que l'équilibre budgétaire de la France sera atteint en 2012 et non en 2010, comme la France s'y était engagée. Le paquet fiscal ficelé actuellement enfonce le clou.
Nicolas Sarkozy commet une erreur de timing : grisé par ce qui apparaît comme une victoire, il semble oublier que le traité simplifié n'est pas encore signé. Ni même rédigé. Au moins aurait-il pu attendre septembre. Générer toutes ces oppositions contre soi alors qu'on entame la rédaction du texte, c'est au mieux de l'aveuglement, au pire de la bêtise. «C'est le revers de la franchise !», répondra-t-on. Argument non recevable, qui dénote une vision simpliste et manichéenne de la franchise. Nicolas Sarkozy, qui a su, semble-t-il - c'est ce que son discours affirme haut et fort - écouter les arguments des uns et des autres, faire une «synthèse du oui et du non» qui permette « le dépassement des contradictions », devrait, en théorie, être capable de comprendre qu'on peut agir avec diplomatie sans pour autant se désavouer.
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Mais alors, faudrait-il qu'il se taise, qu'il renonce, qu'il accepte sans broncher ce qu'il refuse : le « diktat » de la BCE, le pacte de stabilité, le libre-échangisme claironnant...? Non. Il est tout à fait normal qu'il soit en désaccord avec les uns et les autres sur ces sujets sensibles. Il ne s'agit donc pas de renier ce qu'il vient d'exprimer de manière si magistrale, mais d'être, tout simplement, efficace.
Ce n'est pas en ruant dans les brancards, en proclamant sans finesse aucune que pour la France, ce sera comme cela et pas autrement, et à ce rythme-là, c'est à prendre ou à laisser, que Nicolas Sarkozy pourra convaincre.
Ce n'est pas en prenant une direction opposée en matière économique, en augmentant le déficit public de la France de manière inconsidérée, en attente de retombées sur la croissance plus que théoriques, que Nicolas Sarkozy pourra convaincre.
Avec cette méthode qui n'a rien d'original, malheureusement, Nicolas Sarkozy peut être parfaitement sûr qu'il ne sera pas écouté. Ce qui ne convainquait pas ne convaincra pas plus. Ce qui pouvait séduire laissera un goût amer d'occasion ratée.
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La méthode employée par Nicolas Sarkozy pour parvenir à ses fins illustre la dispute qui oppose tenants de la méthode forte - on fonce, on impose, on bluffe si nécessaire, on y va au culot - et tenants de la méthode douce - on agit avec diplomatie afin que les autres rejoignent nos vues, ou du moins afin d'aboutir à un compromis accepté par tous.
Certains apprécient à juste titre l'énergie de Sarkozy, et dédaignent la seconde méthode, qui a le tort de ne pas être assez enthousiasmante et celui de ne pas être assez martiale à leurs yeux. Mais ce ne sont pas là des arguments solides, on ne choisit pas une méthode par pulsion. A plus forte raison si l'on est chef de l'Etat. Pour réussir, il ne faut pas choisir la méthode la plus attirante, mais chercher la plus efficace, après analyse des atouts que l'on a en mains.
Si la France était florissante, exemplaire en matière économique et budgétaire, elle serait en mesure de se montrer martiale : la forme heurterait, mais on l'écouterait malgré tout. Dans la situation présente de la France, après le résultat du référendum qui continue de peser sur l'influence française en Europe, et avec ses résultats présents en matière économique et budgétaire qui ne sont pas de nature à faire des émules, Nicolas Sarkozy n'est pas en position de force. Par conséquent, il n'est pas en mesure de choisir la méthode forte.
Il se trompe de méthode, et il est à craindre que cette erreur soit fatale à la très attrayante vision de l'Europe qu'il a su dessiner.
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Il peut sembler paradoxal que ce discours visionnaire soit suivi dans les faits d'un aveuglement si méthodique. Est-il dû à l'euphorie de la victoire et de l'état de grâce ? Non, le malaise est bien sûr plus profond, et le discours lui-même semble en accréditer l'idée entre ses lignes.
Le coeur du discours de Nicolas Sarkozy développe en détail ce qu'il entend par «synthèse du oui et du non ». « Oui » et « non » : les termes employés sont révélateurs, ils ne doivent rien au hasard. Les oppositions qu'ils contiennent ne sont pas uniquement françaises, mais ce « oui » et ce « non » répétés à l'envi font explicitement référence à ce qui a déchiré la France, alors que l'enjeu européen, plus global, consiste à faire la synthèse de ces oppositions au sein d'une communauté multi-culturelle, multi-nationale, avec des partenaires aussi idéologiquement différents que l'Allemagne ou la Grande-Bretagne.
Les termes choisis par Nicolas Sarkozy donnent la tenace impression qu'il s'adressait non à l'Europe, mais à la France, comme pour lui dire : « Vois comme je suis beau, vois comme je suis fort !! Je réussis ce tour de force de vous mettre d'accord ! ». Sans se rendre compte des suspicions qu'une telle attitude éveille au-delà des frontières hexagonales.
Nicolas Sarkozy a raison en un point : la quasi totalité de son audience est française. Les autres citoyens d'Europe n'entendent ni ne lisent son discours : ils ne voient que les coups de boutoir et l'intransigeance.
On peut en conclure que la méthode choisie, qui ne cherche en rien à « depasser les contradictions », ne s'explique ni par la grande popularité actuelle du chef de l'Etat en France, ni par son caractère hyperactif : sans oblitérer ces deux explications périphériques, la méthode choisie révèle avant tout le hiatus non encore résolu entre le désir de Nicolas Sarkozy d'affirmer l'identité française et son désir de faire quelque chose de grand en Europe.
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Boréale
Intéressant texte de Philippe Grasset (dedefensa).
Cependant moi je dirais que c'est plutôt la Pologne et la G-B qui en l'occurence ont bien tirer leur épingle du jeu. La G-B s'est même affranchie de la contrainte des "droits fondamentaux" c'est dire qu'elle s'en sort plutôt bien. Quant à la Pologne elle garde la main jusqu'en 2014.
Bah Sarko a fait son show, le Monde et Libé et la presse française en général comme 1 seul homme en on profité pour faire leur cocorico moutonesque (l'ode à Sarko), donc tout va bien nous pouvons nous rendormir tranquillement !
Rédigé par : bernard | 11 juillet 2007 à 12:08
"Le Premier ministre luxembourgeois, au Parlement européen, a également souligné que la France devait respecter l'objectif de 2010 fixé pour l'assainissement des finances publiques des pays de la zone euro."
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070711/tts-zone-euro-juncker-ca02f96.html
Le message de Juncker est clair !
Rédigé par : bernard | 11 juillet 2007 à 16:38
@Yann,
Un ami m'a raconté une histoire comme étant véridique:
Un chercheur au CNRS de ses relations était visiblement soucieux, cet ami, régisseur à Europe N°1, lui demande:
"Qu'est-ce qui ne va pas ?".
Il répond "Je ne trouve rien".
Mais.. tu cherches quoi ?
"C'est bien ça le problème... je ne sais pas".
La recherche devrait être le domaine des imaginatifs, malheureusement la sélection n'est pas faites comme ça pour rentrer au CNRS.
Les "gros bazars" sont extrêmement improductifs quand il s'agit de la recherche. La réforme des Universités est au coeur du problème. Pour le reste, qui pourrait être contre le financement de plus de projets de recherches... à condition que ces projets soient faits en corrélation avec les débouchés industriels, ce qui est rarement le cas.
@OAF,
Il y à plein de choses de bon sens et qui peuvent me convaincre dans ce que vous dîtes, mais quand une phrase commence par un jugement de valeur lapidaire et prétentieux comme:
"Croire que les nuls ne sont plus dans la course relève d'une croyance dans une théorie économique darwinienne immanente, le genre de bondieuserie des écoles de commerce." ....
Cela ne donne nullement envie de lire la suite (sourcils froncés).
Je sais que vous me prenez pour une conne, puisque vous me prêtez des généralités absolues (rictus méchant). Je ne prétends pas que TOUTES les entreprises mal gérées ont déjà fait faillite !
Mais vous ne pouvez pas non plus être crédible en pensant que la bonne gestion d'une entreprise n'a pas d'influence sur le temps qui la sépare de la faillite (zygomatiques à l‘oeuvre).
Quand à la débilité de ce que les écoles de commerces apprennent aux comptables (en dehors de la comptabilité) et sur la gestion par exemple, je vous rejoint là dessus: "C'est ubuesque" !
@Malakine
Ringard et périmé ! Comme vous y allez, mon cher !
Non ce sont prutôt les idéologies elles même qui sont en règle général ringardes et périmées....
De plus, Malakine, si une idéologie correspond, à ce que VOUS pensez, ce n’est plus une idéologie, mais simplement une théorie que vous partagez.
Rédigé par : Zyrianes | 11 juillet 2007 à 18:41
Petit retour sur le bouclier fiscal : manifestement il ne devrait pas profiter qu'aux riches :
Une personne seule avec 1 enfant touchant 1800 euros / an et payant beaucoup de taxes d'habitation et foncière (1500 euros)devrait profiter du bouclier fiscal.
Le fisc lui rembourserait la somme de 750 euros.
Source :
http://www.20minutes.fr/article/169554/Economie-Les-promesses-fiscales-de-Sarkozy-a-l-Assemblee.php
Rédigé par : bernard | 11 juillet 2007 à 18:52
@malakine
Les chefs d'entreprises, ceux que j'ai rencontrés ou que mes collègues ont rencontrés, ne savent souvent pas produire bien, souvent seulement pas cher peut être, en payant peu. Leur culture technique est très faible, d'où des choix imposés malvenus. Les consultants communicants ne sont pas toujours de bon conseil. C'est le problème du conseil ou du coaching qui est un moyen de se dédouaner de l'esprit critique. On paye cher donc c'est forcément valide. D'autre part, les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Parfois, nous ne sommes plus très éloignés des techniques des sectes.
Ce que j'écris relève d'une expérience, du vécu, concrète. Rentrer dans les détails est difficile dans un blog.
Que la productivité horaire française soit brandie comme un étendard de la gestion française, c'est possible. Ceci dit comme beaucoup d'indicateurs économiques, il faut savoir ce que ça recouvre. Les indicateurs sont des agrégats qui demandent d'être commentés selon le contexte, le PIB en est l'exemple le meilleur. C'est un problème d'économétrie qui, comme toute mesure, ne peut être prise pour argent comptant sans éclairage.
@gilbert
L'enseignement de la classe dominante en France n'y est certainement pas pour rien, machine consanguine à inculquer les codes sociaux dominants. Ca fait des décennies que c'est ainsi et comme vous dites ça risque de durer.
@zyriannes
Ne prenez pas la mouche, un peu d'ironie n'est pas méchanceté. Même si c'est mal vu par les communicants perclus de prévenances fadasses et de politesse obséquieuse.
Mais si vous évoquez des sociétés françaises bardées de brevets, je parle de statistiques nationales sur les brevets. De même, bien sûr, il y a certainement des millionnaires en Centrafrique, est ce représentatif du pays ? Pour le coup, la généralité des statistiques est parfois plus parlante qu'un cas particulier.
Rédigé par : oaf | 11 juillet 2007 à 19:49
@ oaf
Vous qui êtes connaisseurs du monde de l'entreprise et qui avez bourlingué que pensez vous de cette initiative sarkozienne :
"Pour aider les PME "fortement créatrices d'emplois", Nicolas Sarkozy prône la mise en oeuvre d'un "Small Business Act à la française" sur le modèle anglo-saxon"
Source :
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070711/tts-france-sarkozy-lettre-ca02f96.html
(Il me semble que cette initiative de "Small Business Act" avait été défendue également par Bayrou lors de la campagne électorale)
Rédigé par : bernard | 11 juillet 2007 à 20:11
Ca m'a l'air d'être une des rares bonnes idées de NS. Je crois qu'il s'agit de favoriser l'accès de ces entreprises aux appels d'offres publics, ce qu'en a dit Bayrou en campagne. Là aussi l'avis d'économistes un peu sérieux, je pense que ça existe, ne me semble pas superflu.
Alexandre Delaigue : http://econo.free.fr/scripts/nous.php3
m'a paru intéressant. Ses analyses sont complexes et peu complaisantes, mais il est difficile d'éviter la complexité dans un tel domaine, comme dans beaucoup d'autres.
Ceci dit, une réserve, favoriser dans nos pays les emplois PME reste limité. Comme je l'ai écrit, les petites entreprises ne sont pas suffisantes, leur taille les handicape en termes de moyens de recherche/qualité/vente donc de compétitivité produit bien plus intéressante à terme que la compétitivité coût( non négligeable, mais Chine, Inde, Est Europe sont de plus en plus sur la place) sur le plan de l'avantage concurrentiel. C'est pourquoi le mantra de la création de petites entreprises, il y en a bien plus en France qu'en Allemagne ou USA, ne me convainc pas, c'est souvent de l'activité à faible valeur ajoutée, mis à part de rares domaines pointus, issue de l'externalisation de fonctions non liées au coeur du positionnement de plus grosses entreprises, une sorte de transfert d'activité pour réduction de certains coûts fonctionnels tout au plus. Ca me semble une mesure à mener, peut être marginale, mais utile pour le domaine des services et prestations locales moins soumises à la concurrence étrangère.
Rédigé par : oaf | 11 juillet 2007 à 21:39
oaf vous dites :
"c'est souvent de l'activité à faible valeur ajoutée, mis à part de rares domaines pointus"
Eh bien justement ce Small business Act à la française ne serait-il pas le moyen daméliorer cette situation pour les Ets les plus innovantes ?
Mais il semblerait que cette initiative serait plus judicieusement appliquée au niveau européen compte tenu du fait que "l’Europe des 15, avec 100 millions d’habitants de plus qu’aux Etats-Unis, ne compte que 2000 grandes entreprises* contre 3200 outre-atlantique" (source : http://www.ixarm.com/Vers-un-Small-Business-Act-en)
Et :
"Le modèle du Small Business Act
américan est-il importable en Europe ?"
http://www.capintech.com/GdeTravail_04.pdf
Rédigé par : bernard | 11 juillet 2007 à 22:12
@Bernard
Faut-il vraiment imiter un pays dont le déficit commerciale à passé la barre des 850M$ et dont l'un des postes les plus déficitaire sont les nouvelles technologies?
Ne devraient-on pas plutôt aller voir en Corée du Sud ou au Japon? Simple question.
Ensuite les mesures micro-économique précises on certes un grand intérêt pour stimuler tels ou tels activités mais avec un euro qui vient de franchir les 1.37$ et des monnaies asiatiques toujours accroché à lui c'est peine perdu.
@Oaf
Le problème des élites qui sont peut interresé par les sciences et la technique est un phénomène inquiétant mais qui n'est pas l'apanache de la France. Les USA ont une élite entièrement formé dans la finance ou le commerce, peut ou pas dans les sciences, la faible attraction des sciences pour les doctorants américain à commencé depuis au moins 30 ans aux USA. Et cette maladie du cerveaux si je puis dire est un phénomène qui touche tout les pays occidentaux. Alors que la bourgeoisie occidental étaient autrefois pétrie de science elles s'en détourne aujourd'hui c'est plutôt inquiétant. Bourdieu l'avait déjà remarqué dans "la noblesse d'état" datant des années 60 les polytechniciens se dévalorisé en faveur de l'ENA. Aujourd'hui mieux vaut faire des études marketing, ou financière que des math ou de la physique. C'est une évolution culturel qui provient sûrement de la volonté de l'élite de protéger sa progéniture contre la concurrence des gens du dessous. Les math et les sciences étant en générales plus égalitaire et moins sensible à la provenance sociales, elles permettent à des enfants issus de milieu populaire d'entrer en concurrence avec les enfants bourgeois. De sortes que l'élite pour favoriser ses enfants va mettre en avant des matières scolaires socialement plus favorable pour ses enfants, comme par exemple les langues étrangères.
A terme en dévalorisant les sciences comme moyen d'accès au milieu supérieur les élites sociales on fini par encourager le reste de la population à ses diriger vers des études non scientifique. C'est l'inverse de ce qui se passe en Asie ou les sciences sont favorisé par les élites, et la populace suit avec quelques décennies de retard ses élites.
Rédigé par : yann | 11 juillet 2007 à 23:08
Nul doute que sur la masse des petites entreprises certaines auront des trouvailles et que favoriser celles ci, en général sur des activités à basse à valeur ajoutée, permet de concurrencer de grosses entreprises qui jouent sur le poids des achats et donc de la négociation plus que sur leur créativité. Je reste à penser qu'outre cette possibilité, l'intérêt réside dans la relocalisation de ces activités de proximité, au détriment de plus grosses sociétés à activité très financiarisée qui ont un coût administratif et capitalistique important.
Des petites sociétés à technologies avancées demandant de gros investissements relèvent du capital risque en partie déconnecté d'une activité de production. C'est possible sur certains domaines, à condition que le pays dans lequel ça se produit permet ce type d'investissement. Mais beaucoup d'innovations relèvent encore d'une recherche intégrée à une entreprise de production-vente et c'est là que le bas blesse, l'innovation finit noyée dans l'administratif et la quotidienneté urgente de
la production et surtout du manque d'attention des dirigeants qui ont d'autres chats à fouetter.
La dévalorisation de la technique est un phénomène qui a commencé en Angleterre, sans doute en raison des secteurs financiers et juridiques qui s'y sont développés depuis quelques décennies.
Peut être, hypothèse, que la gentry française toujours en quête du up to date anglo-saxon s'est entiché de la tendance.
D'autre part la technique, c'est un peu aride, souvent une activité solitaire de rigueur, enfin pas glamour et que, c'est juste, l'origine sociale n'y est pas déterminante. En somme on y huile moins son savoir faire relationnel et ses codes d'appartenance sociale, ce qui comme la musique ou la danse demande de la pratique. D'où une recherche d'excellence par ceux des classes up, y compris par des polytechniciens, pour se distinguer socialement.
L'Allemagne et son modèle rhénan a moins joué ce jeu. Ce qui est ennuyeux c'est que la France n'est pas l'Angleterre avec sa city et est plus proche de l'Allemagne, tandis que ses dirigeants se souhaiteraient anglo-saxons( US-GB).
Rédigé par : oaf | 12 juillet 2007 à 01:01
Tout ça n'a rien à voir avec mon billet mais c'est super intéressant !! :-)
Rédigé par : Boréale | 12 juillet 2007 à 01:27
Votre bon billet, comme toute oeuvre d'art, échappe à son auteur et mène sa vie. Chacun y voit quelque chose pas prévu à l'origine.
Je deviens flagorneur, je ne pensais pas que ça m'arriverait...
Rédigé par : oaf | 12 juillet 2007 à 01:40
Oaf,
Comme vous le savez, la statistique est la première des sciences inexactes.
Cela ne m'empêche d'ailleurs nullement de regretter avec vous l'insuffisance
du nombre de brevets déposé en France, c’est peut-être en priorité sur des aides concrètes pour financer ces brevets que devrait porter l’aide à la recherche ?
Avant de monter mes affaires, j’ai eu le privilège de travailler directement sous les ordres de J.L. Lagardère qui était un ingénieur et non un gestionnaire… ce qui ne l’a jamais empêché d’être un gestionnaire hors pair.
Le drame de l’industrie française c’est en partie ce que vous dîtes, en partie une fiscalité incitative aux bénéfices personnels au détriment de développement de l’entreprise et enfin pour le CAC 40, le parachutage de Gd Patrons ignares bardés de diplômes n’ayant rien à voir avec le poste à pourvoir.
Le sens commun ayant disparu au profit d’une caste se co-optants aux postes juteux on assiste à la casse des joyaux de l’Industrie par des hauts fonctionnaires, comme Schweitzer chez RENAULT.
Le pauvre garçon, qui ignorait probablement que les soupapes ne sont pas dans la boite à gants, à laissé son B.E. «pondre» des bidets roulants que le slogan pompeux « Créateurs d’automobile », n’a fait que rendre plus ridicules.
95% des français avaient remarqué que ces voitures étaient invendables à leur présentation… pas le patron. Cela a immédiatement changé avec Carlos Goshn, dont la première décision à été de refuser un prototype de la nouvelle Twingo déjà réalisé et de renvoyer le B.E. à ses chères études.
On pourrait gloser encore pendant des lustres sur le nombre considérables de raisons qui pénalisent la France, mais à mon sens la plus facile à mettre en oeuvre immédiatement est LA fiscalité incitative que nous attendons depuis la fin des 30 glorieuses.
Car n’en déplaise à Mr Sarkozy, les français ne sont pas nés avec le gène du patron pourri.
Rédigé par : Gilbert Sorbier | 12 juillet 2007 à 09:28
Bernard,
Que vous soyez anti-sarkozyste est tout à fait légitime mais que vous citiez une de mes phrases hors de son contexte, celui notamment d' un mot de Gilbert, pour en rajouter une couche, est du n' importe quoi-isme.
Rédigé par : Erick | 12 juillet 2007 à 09:58
@Boréale,
Votre article, comme le dit oaf, était une oeuvre d'art, et elle à donné lieu à des digressions passionnantes.
Dommage que vous n'y ayez participé que du bout des doigts (à ces digressions).
@Oaf,
J'adore l'ironie puisque j'aime la raison, le mépris se justifie parfois. Le fait de dire que les sociétés mal gérées ont tendance à s'auto éliminer ne me paraît entrer dans le cadre du mépris.
Ceci dit, comme vous écrivez une majorité de choses cohérentes... vous êtes pardonné, mais n'y revenez pas (snarling).
@Yann,
Vos textes sont très intéressants, mais méfiez vous de ne pas abuser de la drogue des références, c’est bassinant, surtout que vous êtes beaucoup plus convainquant quand vous pensez par vous même.
Malakine,
Alors ça y est ?
Vous travaillez sur votre "Oeuvre".
Rédigé par : Zyrianes | 12 juillet 2007 à 11:47
@ Zyrianes :
Aah !! Si le temps ne m'était pas si compté !!... :-)
Rédigé par : Boréale | 13 juillet 2007 à 00:44