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21 août 2008

Commentaires

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Emmanuel M

Brillant ! Une explication magistrale, sans concession et des vraies explications dedans.

Bienvenue dans la liste de mes blogs favoris.

ozenfant

Tout à fait instructif et terrible à la fois, car si l'on se penche un instant sur la signification de ce que disent L'ARCOSS et Laurent Davezies, c'est que les seuls emplois crées ne sont destinés qu'à récupérer l'argent versé aux improductifs par l'état. Un recyclage inexportable. Une mort programmée en définitive. Le pire est que c'est absolument crédible.

Malakine

@ Emmanuel

Merci du compliment... J'espère vous dire également en retour "bienvenue dans ces pages"

@ Ozenfant

Heu ... l'analyse développée ici elle est de moi, en partie inspirée des thèses de Davezies, mais elle est pas de l'arcoss, dont le document était très descriptif.

Les emplois crées servent à recycler l'argent mais pas uniquement l'argent de la redistribution publique. L'économie résidentielle recycle tous les revenus, y compris les revenus privés.

En écrivant ce papier, j'ai pensé à toi (c'est souvent qu'en écrivant je pense aux réactions qu'auront les commentateurs) Si je me souviens bien de ton parcours. Il me semble illustrer cette évolution de l'économie vers l'économie de la consommation. Tu es bien passé d'un emploi productif à un emploi résidentiel (resto) non ?

Seb

Salut Malakine,

Analyse extra, je vais surement te proposer a mes lecteurs du reste.

Juste 2 ou 3 réflexions. La première concerne l'Ile de France. C'est effectivemment criant que paris et sa banlieue croule sous la sur population et que les équipements proposés sont d'un ridicule et n'ont pas cru depuis des années. Etonnant lorsque on écoute Delanoe, tout va bien dans le meilleur des mondes. Dans cette situation, envisager Paris et sa banlieue comme une seule et meme entité (le grand paris) me semble intelligent et porteur. A voir plus précisément.

Sur les hausses de salaires dans les secteurs délocalisants. Je crois avoir compris un phénomène qui tend à délocaliser les emplois les moins créateurs de richesses pures (faible formation, faible compétences) pour se concentrer sur le management de la structure de fait plus nécessiteuse en compétences et diplomes. De ce fait, il me parait censé que la moyenne que tu indique progresse à de tels rythmes, la moyenne s'envole dès lors que l'on y retire ses plus faibles composantes !

Sur la réflexion générale ensuite. Je n'ai pas terminé mon cheminement mais la distinction de société de production et de société de consommation me gène quelque peu. Comment différencie tu les deux sphères ? Pourquoi l'une crée "de la graisse" lorsque l'autre crée du muscle ? En ce sens l'exemple du Royaume Uni me semble intéressant à analyser. Voilà un pays, sous l'effet de Thatcher a abandonné son industrie pour se concentrer sur les secteurs dans lesquels il est performant comme la finance (pour ne parler que lui). Cette modification du paysage économique n'a pourtant pas appauvri le pays loin sans faux. La suisse ou le Luxembourg sont autant d'autres exemples qui me laisse perplexe sur cette distinction que tu effectue.

le chafouin

Très intéressant.

"Tout se passe comme si la France avait voulu grossir en faisant du gras plutôt que du muscle, parce que c’est plus facile et plus rapide. "

je retiens surtout cette phrase : en fait, on va devenir un pays musée...

Malakine

@ Seb

Commentaire très intéressant.

Sur l'ile de France, c'est vrai. Je le constate à chaque fois que j'y vais. Les franciliens ne s'en rendent pas compte mais la densité de services et de commerces est minable. N'importe quelle ville de province de 20 000 habitant est mieux lotie. Pour moi c'est un signe majeur du sous développement de l'économie résidentielle, ce qui contribue à la mauvaise qualité de vie (allez trouver des clopes un dimanche après midi en banlieues !) et au sous emploi.

Ton explication des délocalisations est angélique, presque "bouba olgesque" ! Tout le monde sait que l'industrie propose des salaires intéressants, et que c'est le meilleur moyen de créer de la richesse avec des emplois peu qualifiés. L'industrie sait faire également des gains de productivité, ce qui alimente la croissance. En comparaison, les emplois de services peu qualifiés sont moins rémunérateurs et moins créateurs de croissance, car il est difficile de faire de la productivité dans des emplois de serveur ou d'aides ménagères.

On ne peut pas nier que les délocalisations (parlons plutôt de migration de l'appareil productifs vers les pays à bas coûts, ce qui est plus large) ont pour effet de réduire la base productive. Ce n'est pas parce que le secteur après délocalisation va être plus concentré en emplois qualifié (ta thèse) que pour autant l'ensemble du secteur va s'avérer plus créateur de richesse. C'est la grosse erreur des délocalisateurs comme bouba olga. Le fait de laisser partir les tâches de production n'encourage en rien le développement des emplois tertiaires supérieurs. Au contraire, cela encourage à la délocalisation de ces fonctions à terme. Voir Renault ou Alcatel qui transfèrent leur recherche développement en Inde par exemple ...

Sur la distinction, oui, je reconnais qu'elle est en partie artificielle. Que faire de la construction par exemple ? Je serais même prêt à reconnaître que l'économie résidentielle aussi crée sa part de richesse. Elle créé du bien être et du lien social en tout cas ... Mais on ne peut pas nier qu'il existe une différence de nature entre un pressing ou une pizzeria (qui ne peuvent se développer que s'il y a une demande locale) et un soutraitant de l'industrie aéronautique ou automobile qui s'inscrit dans une compétition internationale et dont le travail créé une vraie valeur ajoutée.

Quand j'ai visité les usines peugeot à Sochaux, j'avais été très impressioné par cet aspect "valeur ajoutée" Là elle est visible ! Pendant toute la visite tu vois des gars installer des pièces de métal, et en bout de chaine, qqun tourne la clé et ça roule ! L'assemblage des pièces de métal est devenue une voiture ! Tu as le même truc avec un pizzaiolo mais de ce point de vue, question valeur ajoutée,l'industrie est inégalable.

Tes exemples étrangers n'infirment pas mon analyse elle la confirme. La finance et la banque sont des activités productives, c'est du tertiaire supérieur. Ces activités sont dans la compétitions mondiales, fortement créatrice de valeurs, et très rémunératrices. Ce pole de tertiaire supérieur qu'il y a à Londres ou au lux, permet d'irriguer le reste de l'économie en revenus et faire tourner l'économie résidentielle.

La question est : quel est l'équivalent en France ? Ou sont nos pôles d'économie productives hypercompétitives et fortement créatrices de richesse pour irriguer notre économie de service ?? Comme je l'avais lu quelque part.

L'allemagne a voulu s'adapter à la mondialisation en relançant la compétitivité de son industrie. L'anglettre a misé sur le capitalisme financier. Le luxembourg sur la banque. L'Espagne sur l'immobilier ... et la France sur les emplois de service à la personne !

@ Chafouin

Pourquoi elle te plaît tant cette phrase ? Parce qu'elle "fait de droite" ? Pourtant en la matière, une fois de plus, on peut mettre droite, centre et gauche dans le même sac.

Contrairement à ce que tu crois le "pays musée" peut très bien devenir un axe stratégique très pertinent. La France dans la mondialisation pourrait très facilement se spécialiser (puisqu'il le faut dans une économie libre échangiste) dans le tourisme et les lieux de villégiature pour les milliardaires du monde entiers. Nos vrais atouts sont dans nos paysages, notre climat, notre gastronomie, la beauté de nos villes et de nos villages, notre art de vivre, notre culture, notre patrimoine ...

Je reviendrais prochainement la dessus dans une critique "politique" du libre échange.


Seb

@ Malakine: Tu me donnes l'occasion de m'exprimer sur le sujet. Laisse moi quelques dernières minutes et je te réponds dans un billet construit.

ozenfant

@Malakine,
C'est exact, je suis passé de la recherche appliquée productive aux services.
Mais quelle tristesse de se résigner à voir un pays se réduire à la dimension du "PARC à THÈME", probable et redoutée par Hubert Védrine.
Faire la promotion d’un pays sans chercheurs, sans scientifiques, sans ingénieurs ?
Peuplée uniquement de tirlipoteurs du virtuel et du mercantile ?
C’est étrange !
Une nouvelle Égypte française ? Brrrr...

le chafouin

Non ce n'est pas pour cela qu'elle me plait. A droite, ou à gauche, ils font la même chose à ce niveau!

J'aime cett ephrase parce qu'elle est très vraie : on préfère sans cesse privilégier le tertiaire alors que ce n'ets aps cela qui produit de la richesse. Ce n'ets pas en multipliant les contrats aidés, également, qu'on réduira le chômage autrement qu'artificiellement.

Mais sur l'économie, je ne suis pas très fort.

Je ne crois en tout cas pas à ton idée de pays musée. ça ne fera jamais vivre toute une population.

La France attire déjà les riches du monde entier.

Mais des territoires comme le Nord, par exemple, n'attireront jamais personne... Il suffit de voir comme c'ets mort en été.

Malakine

@ Chafouin et Oz

Ce n'est pas parce que je dis ça que j'approuve ! Je dis simplement que le patrimoine est l'un des atouts objectifs de la France dans la mondialisation. Comme le dit très justement Chafoin, certains territoires en vivent déjà (voir l'affaire de la villa la plus chère du monde à l'acquéreur inconnu) et pourraient être tenté de se spécialiser sur ce créneau. Mais il est vrai aussi que cette spécialisation ferait crever des pans entiers du territoire national, dont celui où je vis.

**

Une autre remarque sur le même sujet - sur laquelle je reviendrais surement lorsque ce sera dans l'actu. Si on prends l'exemple de la taxe professionnelle. C'est un impôt absurde et archaîque car il pèse sur l'économie productive. D'un autre coté, c'est le seul argument qui pousse les collectivités à accueillir des entreprises. Si elles était suprimmée, la passion de nos élus locaux pour le patrimoine, le tourisme et la culture n'aurait plus aucun frein et on irait tout droit vers cette perspective de "pays musée" qui fait si peur. Comme quoi, c'est pas simple ...

frednetick

@ malakine: tu n'habites pas une ville de 20.000hab ça se voit lol.

En ce qui concerne l'évolution industrielle en France je suis aussi très réservé, la volonté actuelle de créer des services à la personnes, peu créateurs de VA au détriment d'une industrie à forte VA se révèle un calcul désastreux, nous sommes en train de recréer ou d'alimenter une classe de travailleur pauvres, c'est nickel.

Si au moins ce service de proximité pouvait créer du lien social, mais même pas, puisque lorsque l'on lutte pour survivre, le goût des autres est un peu amère...

ozenfant

Tu sais Malakine, les experts, les médias et les politiques qui répètent ce qu'il ont lu et entendu, parlent à leur aise de la taxe pro. de l'IS, de l'influence de la réduction des charges sur les emplois en 1998.… sujet d’une lettre que J.L. Bianco à remis (m’a-t-il écrit) en mains propres à Ségolène Royal…. Désolé Malakine, je ne le ferai plus !
Ils parlent mais ne savent même pas si les plats cuisinés, les produits conditionnés, les conserves et les surgelés sont à 5,5% ou à 19,6%….. OBO non plus d’ailleurs… je te le jure.
Ils ne savent pas non plus quel à été le % de la réduction des charges de Jospin en 1998, ne connaissent pas la valeur relative au CA de la taxe pro.... etc. etc.

En ce qui concerne mon dernier Restaurant, pour un CA de 900.000 €, je payais une taxe-pro de 4400 € un fois par an et pourtant c’était beaucoup plus que dans ma précédente localité, puisque c’est une taxe très variable en fonction du Maire, de la surface au sol, de la vitesse du vent et de l'age du colonel. La taxe pro et l’IS, les politiciens en parlent beaucoup, ça les valorise, mais c'est de la roupie de sansonnet. Ce n’est pas là un soucis majeur pour ton découvert bancaire, par rapport aux 51.OOO € trimestriel de TVA + charges salariales, où là ! Tu as intérêt à avoir prévu ta couverture bancaire. Tu pourras expliquer çà à ton ami de Belfort.

Crapaud Rouge

Le distinguo que je découvre, entre économies résidentielle et productives, est très intéressant. A mon sens, il révèle la politique a pour résister à la mondialisation, qui a induit, ici comme aux US, une désindustrialisation du pays.
"C’était une politique à court terme pour « enrichir la croissance en emplois » comme on disait à la fin des années 90. Ce n’était pas une politique de croissance et de création de richesse. On paie la note aujourd’hui.

Crapaud Rouge

Zut, des touches de raccourcis frappées involontairement on validé mon précédent commentaire.
Je continue. La conclusion citée dans le com précédent, présente cette politique quasiment comme une erreur, puisqu'on en paie la note aujourd'hui. Ce n'était pas une erreur, mais une solution, car on ne peut pas produire les biens qui nous viennent de Chine et d'ailleurs.

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