Le duel tant attendu est enfin pour ce soir. Les médias ont rêvé pendant des mois de ce débat d’entre deux tours qui promet de battre tous les records d’audience, de ce débat sulfureux qui doit en laisser un à terre dans une marre de sang ou de larmes, de cette lutte entre le principe masculin et le principe féminin exacerbés jusqu’à la caricature, de ce combat d’égos surdimensionnés, de cette apothéose finale d’une campagne sans fond où les seuls évènements auront été les fluctuation des sondages et des images.
A mon sens, ce qui se joue ce soir n’est pourtant pas tellement le sort de l’élection de dimanche. Les supporters de Sarkozy penseront qu’il aura été le meilleur et ceux de Royal, qu’elle l’aura emporté. Les images des deux candidats sont maintenant bien construites. Ce n’est pas une heure et demi de débat qui va les changer fondamentalement.
En revanche, ce qui est en jeu ce soir, c’est la ligne politique que le futur(e) président(e) adoptera en fonction du type de majorité qui l’élira. Le positionnement que la confrontation les amènera à prendre l’un par rapport à l’autre et la manière dont ils choisiront de s’adresser aux électorats indécis sera, de ce point de vue, déterminant. Plus qu’au combat d’égo qui se soldera probablement par un match nul, c’est à cela que nous devront porter attention.
Les électorats restant à prendre :
Il y a deux électorats indécis qui restent à prendre pour le second tour :
- L’électorat centriste des classes moyennes et intellectuelles qui veut une économie compétitive tout en étant attaché à une certaine cohésion sociale et pour qui la compétence de l’hôte de l’Elysée est une chose importante. Sarkozy l’inquiète par sa violence tout autant que Royal par son incompétence.
- L’électorat populaire, qu’il ait voté à l’extrême gauche, Le Pen, se soit abstenu au premier tour, ou même ait voté Sarkozy. Celui là est épris de changement, il veut un pouvoir fort déterminé à s’attaquer aux problèmes concrets qu’il rencontre. Il aurait certainement plus intérêt à voter à gauche, mais est terriblement fasciné par Sarkozy.
Les stratégies de second tour
Jusqu’ici la stratégie de Sarkozy a plutôt été de conquérir l’électorat populaire, quitte à « droitir » considérablement son image et son discours Cette stratégie s’est avérée payante au premier tour dans la mesure où elle lui a permis de détrousser Le Pen de la moitié de son électorat. Entre les deux tours, il ne semble d’ailleurs pas en avoir changé. Son discours de Lundi à Bercy restait dans la lignée des précédents. On n’a senti aucune tentation de Sarkozy de se recentrer. Probablement pense t-il que l’électorat de François Bayrou, lui reviendra naturellement compte tenu de sa plus grande capacité à occuper le poste.
La stratégie de Ségolène Royal d’entre les deux tours a, au contraire, choisi de cibler ehontément l’électorat centriste. Lors du débat a vec Bayrou, elle a considéré qu’elle était prête à faire un bout de chemin avec sa formation politique, et même jusqu’à envisager de le nommer premier ministre. Parallèlement, elle a cherché à dissuader l’électorat modéré de voter Sarkozy en agitant des peurs pour la cohésion sociale et la paix civile. La conclusion de son discours de Charlety « aimons nous les uns les autres » était d’ailleurs un clin d’œil explicite à l’électorat catholique.
Une opposition centre gestionnaire contre droite populiste sur des questions de gouvernance ?
On pourrait donc s’attendre à une radicalisation de ces deux stratégies : Un Sarkozy repoussant sans cesse les limites du volontarisme et du populisme. Une Ségolène Royal, de plus en plus modérée, consensuelle, rassembleuse.
Pour arriver à ses fins, Ségolène Royal devra toutefois rassurer sur sa compétence en mettant en scène soit son premier ministre, soit la compétence de son futur gouvernement et renoncer à une présentation trop personnelle et narcissique de sa présidence.
Le clivage se manifesterait ici, tel que je le décrivais récemment, sur le type de gouvernance en opposant un pouvoir personnel volontaire fonctionnant à l’affrontement, à une gouvernance plus empathique et fonctionnant au compromis.
Si l’élection se fait sur ces bases, la campagne accouchera sur une configuration politique profondément bouleversée, totalement inédite, et extrêmement inquiétante. L’alliance socialo-centriste prendra la place laissée vacante par le chiraquisme comme force d’équilibre et de modération de la vie politique, pendant que le Sarkozyme apparaîtra comme un phénomène totalement nouveau, une synthèse de la droite républicaine radicalisée et de l’extrême droite populaire.
Une opposition droite gauche sur les questions économiques et sociales ?
On peut également anticiper le schéma inverse. Ségolène peut préférer tenter de détacher les milieux populaires de l’attraction de Sarkozy en soulignant les éléments les plus réactionnaires et les plus inégalitaires de son programme. Pour y arriver elle devra toutefois rassurer cet électorat sur sa propension supposée à l’assistanat, thème sur lequel a marqué beaucoup les esprits et qui agit comme un véritable repoussoir pour toutes les catégories proches du SMIC.
Le clivage se ferait, dans cette hypothèse, sur la question des inégalités sociales et de la redistribution.
Si l’élection se fait sur ces bases, on assisterait au lendemain de l’élection à un schéma classique, sans recomposition majeure. Le centre cèderait à sa ligne de plus grande pente en rejoignant la droite. La gauche tenterait de se reconstruire en tentant de regagner la confiance de l’électorat populaire.
Sarkozy est tellement confiant, qu’il cherchera à a priori occuper tout le terrain de la droite populiste au centre. C’est donc Ségolène Royal qui dispose des clés. De l’attitude qu’elle aura se soir dépendra le positionnement final de Sarkozy, son électorat de dimanche et le type de politique et de gouvernement que nous aurons pendant 5 ans.
Si elle attaque Sarkozy par la gauche, elle perd l’élection mais elle le ramène au centre en attirant à lui l’électorat de la droite traditionnelle, modérée et catholique.
Si elle attaque Sarkozy au centre, elle peut gagner, mais si elle perd quand même, elle favorise la création d’une espèce de monstre politique dont on n’a pas finit d’avoir peur.
Malakine,
Globalement d'accord, mais il y à encore un électorat à prendre pour Ségolène, c'est celui qui voulait d'elle il y a un ans, quand elle voulait revaloriser le travail manuel: l'électorat populaire modéré et peu politisé du monde du travail, qui se fout de voter le PEN, Besancenot, Bayrou ou Royal, du moment qu'on arrête de se payer sa tête et de leur demander de bien travailler pendant que d‘autres vivent aussi bien qu‘eux à ne rien faire et ne veulent surtout pas se salir les mains sous prétexte qu'ils ont choisi de faire Bac + 8 pour devenir Egyptologues, et que là il n'y a que deux postes pas an pour 200 candidats... je plaisante.
Rédigé par : Gilbert Sorbier | 02 mai 2007 à 18:28
Tu sais, lorsqu'on a fait égyptologie, on est pas forcé de chercher un boulot d'égyptologue pour autant...
Rédigé par : david-david | 02 mai 2007 à 20:42
Si vous le permettez je note le débat :
Ségolène : 5,5 /10
Nicolas : 4,5 /10
Ambiance générale : pas de scoop comme prévu et on retiendra la colère volontairement surjouée de la candidate et un candidat dominant son sujet mais néanmois plutot sans relief.
Rédigé par : PeutMieuxFaire | 02 mai 2007 à 23:47
Je suis un peu déçu de la prestation de M. Sarkosy d'hier soir. Je l'ai trouvé beaucoup moins inspiré que lors de son discours de Bercy.
Je pensais qu'il n'en ferait qu'une bouchée de la royale. On aurait dit qu'il se laissait dominer. Une tactique peut-être. Mais pourquoi ne la regardait-il pas en face, yeux dans les yeux ?
Je me demande ce que ça va donner quand il faudra négocier des traités avec les grands de ce monde. Angela Merkel c'est quand même autre chose que cette pauvre Ségolène.
Heureusement qu'il a de l'avance dans les sondages, mais quand même...
Rédigé par : Paul | 03 mai 2007 à 07:17
"Economiquement elle le vaut bien", titre d' un post d' il y a quelques jours ici.
Reste à savoir quel est l' étalon de valeur choisi. Sa méthode pour réduire la dette ? Augmenter les dépenses, invoquer la croissance puis claquer des doigts et hop ! plus 2,5% par an. Il n' y a ensuite qu' à espérer faire mieux pour pouvoir commencer à rembourser.
PeuxMieuxFaire
Colère sur-jouée sur un mensonge de sa part ou une ignorance(absente des débats sur la loi "Handicap" de 2005 ?)
Rédigé par : Erick | 03 mai 2007 à 09:04
David-david,
Je dis ça parce qu'ici à Montpellier je connais des dizaines "d'étudiants permanent" qui voulaient devenir... qui océanographe, qui historien d'art, qui anthropologiste et sont en fait devenus.... qui RMiste, qui squatter de l'appart à papa, qui "femme au foyer" ne voulant pas tenir son foyer...
Alors que des tas d'emplois manuels leur tendent les bras.
Comme si 6 ans d'études inutiles constituait un "droit à ne pas se salir les mains" ad vitam æternam.
Rédigé par : Gilbert Sorbier | 03 mai 2007 à 10:56
"Colère sur-jouée sur un mensonge de sa part ou une ignorance(absente des débats sur la loi "Handicap" de 2005 ?)"
Rédigé par: Erick | le 03 mai 2007 à 09:04
Quel mensonge évoquez-vous ?
Ai-je tord d'avoir compris que Ségolène Royal reproche à Nicolas Sarkozy de mettre en avant dans le débat présidentiel ce qu'il préconise désormais concernant l'intégration des handicapés quand le gouvernement auquel il a participé a supprimé à partir de 2003 les emplois d'aide-éducateurs torpillant ainsi le plan "handiscol" qu'avait initiait SR fin des années 90.
Pour être un peu plus complet, il n'a pas été évoqué que ces emplois ont progresivement été remplacés par d'autres emplois (type assistant d'éducation) par forcément équivalents en nombre avec des conditions de recrutement différents mais surtout un statut social moins avantageux.
La loi de 2005 (pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) prévoit l’intégration de tous les enfants handicapés à l’école et la disparition des CCPE. Cette loi représente un changement complet du cadre juridique. Elle remplace la loi de 1975, dite loi Lenoir, qui faisait obligation à l’Etat d’assurer la scolarité de tous les enfants, soit dans une école ordinaire, soit dans une structure ou un établissement spécialisé.
Pour mieux comprendre ses enjeux il faut savoir que l'accueil d’un enfant dans un établissement spécialisé revient à 25 000€ par an en moyenne contre 7 000€ dans une école ordinaire.
SR n'a pas participé au débat, dites-vous, cela ne me surprends pas. Entre temps (2004) elle avait gagné les Régionales en Poitou-Charentes et pouvait avoir d'autres priorités. Sa participation au dit-débat n'aurait rien changé aux choix d'une majorité "aux ordres".
Notez qu'elle tire les enseignements de ces pratiques habituelles dans les deux camps en proposant d'interdire ce type de cumul de mandats.
Rédigé par : PeutMieuxFaire | 03 mai 2007 à 10:58
Erick,
Les deux candidats comptent sur une hypothétique reprise qu'il ne proposent ni l'un ni l'autre de déclancher, pour la bonne raison qu'ils n'ont jamais bossé ni l'un ni l'autre et qu'ils sont l'un et l'autre obligés de croire leurs "spécialistes" en économie: l'inénarrable Elie Cohen qui n'a jamais bossé de sa vie et le clown Thiérry Breton qui ne bossent que pour le top 10 du cac 40.... Sans compter leur kyrielle de "théoriciens de salon" .
Ces deux candidats n'ont strictement aucune notion des sujets qu'ils abordent et confondent tout. Pour l'énergie nucléaire en France, l'un la place à 50% au lieu de 78%, l'autre la confond le nombre de centrales avec le pourcentage du nucléaire dans la production d'électricité, et les deux qui semblent "paumés" sur le numéro exact de la "génération" de l'EPR.
Mais le plus grave est leur totale vacuité au sujet de l'économie. Nicolas Sarkozy entend relancer l'économie avec une mesurette comme la détaxation des heures supplémentaires..... Si! je vous le jure ! Tout chef d'entreprise, tout gestionnaire sait bien qu'il ne donne des heures supp. que dans les secteurs en surchauffe, pendant les saisons de surproduction et a la condition que les carnets de commandes soient bien remplis. Cette mesure, très "pratique" pour les chefs d'entreprises, va au contraire accroître les inégalités et plomber un peu plus les caisses de l'assurance chômage, en évitant aux patrons les embauches saisonnières. Ségolène Royale n'y comprenant rien non plus à été dans l'incapacité de démontrer l'imbécillité de cette mesure, se contentant de dire qu'elle coûterait 5 milliards ! Juste ce qu'il ne fallait pas dire, parce que si elle coûtait vraiment 5 milliards, cela prouverait au moins que cela a un effet ! Sarkozy n'a pas parlé franchement de l'augmentation de la TVA et de la réduction de la pénalisation des salaires, c'est même Royal qui à proposé la réduction des charges pour les PMI/PME: le monde à l'envers! A noter que dans leur totale absence de notions d'économie, les deux candidats confondent "charges", "taxes" et "impôts", ce qui, pour un gestionnaire d'entreprise est invraisemblable car les charges sur les salaires ont un effet "débauchant" alors que les impôts sur les bénéfices après investissement ont un effet "embauchant". Seule, la nullité des journalistes à permis aux deux candidats d'être jugés "sérieux" dans leurs propositions économiques. Tant pour "Bécassine" qui à prouvé hier être plutôt "Vampirella" que pour "Césarillon" qui s'était transformé pour l'occasion en "Agnelet".
Rédigé par : Gilbert Sorbier | 03 mai 2007 à 11:13
Moi j'ai trouvé que Sarkozy a démontré, qu'en dehors des prestations convenues avec des journalistes acquis à sa cause, il n'était pas convaincant sur la plupart des questions. Multipliant les paradoxes (Baisser l'imposition tout en augmentant le nombre de fonctionnaires, de policiers, de surveillants scolaires). Dans le débat, il a été peu courageux, ne regardant jamais Royal dans les yeux et écrivant tous le temps pour ne pas s'énerver (çà laisse augurer de sa capacité à négocier avec des gens hostiles..).
En bref, à part opposer les français les uns contre les autres (france qui se leve tôt, chomeurs=truqueurs, fonctionnaires=feignants) et draguer ostensiblement les voix F.N (Turquie, immigration). Il a fait une prestation bien terne et moins impressionnante que ce qu'on pouvait attendre...
Rédigé par : Chevillette | 03 mai 2007 à 11:50
S Royal meilleure dans ce débat que N Sarkozy
Bien que peu favorable à S Royal, et régulièrement exaspéré lors de ses apparitions dans les meetings ou les interviews, je l'ai trouvé dans l'ensemble bien meilleure que N Sarkozy dans ce débat.
Enfin elle parle ! et avec de l'assurance, de l'habileté. Et toute la mauvaise foi qui convient dans ce genre d'exercice.
Toutefois, j'aurai vraiment envie de voter pour N Sarkozy si je m'en tenais à ce débat.
Principalement pour sa position sur la Turquie et leurs déclarations finales.
Je présuppose que l'un et l'autre ont préparé leurs conclusions respectives, et je trouve N Sarkozy plus proche de mes préoccupations, le travail et le pouvoir d'achat.(1)
Quand à la dernière phrase de S Royal " Je veux construire avec vous cette France présidente" Qu'est-ce que cela veut dire ? Mon niveau en langue française est insuffisant. Impossible de comprendre cette association de mots "France Présidente". Je ne comprend pas, même après avoir essayé de trouver la solution dans mon Bled.
Cela doit être compréhensible par les bac + x années (et peut-être par vous Malakine), mais pas par moi. Désolé, je ne peux pas voter pour quelqu'un qui ne fait même pas l'effort de me parler avec une syntaxe que je comprenne.
(1) J'ai trouvé (site du Nouvel Observateur), une retranscription de ces deux conclusions :
"Nicolas Sarkozy: Si on doit résumer les choses, qu'est-ce qui est important
pour moi ? Je l'ai dit en commençant, je vais finir par cela. Je crois à l'action. Je crois qu'il est très important de dire à nos compatriotes que la fatalité n'existe pas.
Ce mot n'existe pas dans mon vocabulaire. Cela fait trop longtemps que la politique est impuissante. Je souhaite que la politique soit de retour, la vraie politique, le débat ; on s’engage, on fait des promesses et on les tient. Je veux agir. Je veux passionnément agir au service de mon pays. Au fond, la France m’a tout donné. Il est venu le temps pour moi, à 52 ans, de tout lui rendre.
Je veux faire en France les changements que d’autres ont fait dans d’autres pays pour que la France reste fidèle à son identité. Il n'y a aucune raison que l’on n'ait pas le plein emploi. Il n’y a aucune raison que l’on n’arrive pas à maîtriser l'immigration. Je veux être le président de la République qui rendra la dignité aux victimes. Je ne mettrai jamais sur le même plan les victimes et les délinquants, les fraudeurs et les honnêtes gens, les truqueurs et la France qui travaille.
Je veux résoudre la crise morale française. La crise morale française porte un nom, c'est la crise du travail. Je veux que ce beau mot de travailleur que l’on n'emploie plus soit respecté et considéré. Je veux porter la question du pouvoir d'achat. Je veux protéger les Français face aux délocalisations.
Pour terminer, je veux à tous ceux qui trouvent que la vie est trop dure, à ceux qui ont mis un genou à terre, à ceux qui ont du mal, à ceux qui ne s'en sortent pas que, pour moi, président de la République, s’ils me font confiance, tous ont une utilité, tous ont le droit de travailler, tous ont le droit de vivre debout dignement du fruit de leur activité. Je ne crois pas à l'assistanat. Je ne crois pas au nivellement. Je ne crois pas à l'égalitarisme. Je crois au mérite, à l'effort, à la récompense, à la promotion sociale et, plus que tout, au travail. Je poserai d'ailleurs les termes d'une conférence sociale sur la qualité de vie au travail.
Je veux dire, mes chers compatriotes, que c'est possible. Tout ce que j'ai dit, je le ferai. Je tiendrai scrupuleusement ma promesse et ma parole. Je ne me suis pas engagé à la légère dans cette campagne présidentielle. C'est un choix de vie, c’est un don de soi, c’est une véritable ascèse. Je me suis préparé pour ce rendez-vous. Si les Français me font confiance, je ne les décevrai pas, je ne les trahirai pas, je ne leur mentirai pas.
Ségolène Royal: Je suis là devant les Français. Je voudrais remercier ceux qui ont voté pour moi dès le premier tour, ceux qui m'ont rejoint et ceux qui me soutiennent. Je veux m'adresser aussi à ceux qui hésitent encore.
Je veux leur dire de faire le choix de l'audace et de l'avenir. Je sais que, pour certains d'entre eux, ce n'est pas évident de se dire qu'une femme peut incarner les plus hautes responsabilités. D'autres le font à l’échelle de la planète ; il y a Angela Merkel. Je crois que c'est possible aussi. On voit comment cette femme est efficace, concrète et opérationnel.
Je veux être au service de la France, avec l'expérience qui est la mienne. Je suis une mère de famille de quatre enfants. J'ai dû concilier cet engagement politique et l'éducation de ma famille. Je tiens à des valeurs fondamentales.
Je pense que tout se tient et que des familles qui fonctionneront bien, l’école qui reviendra au cœur du pacte républicain, la valeur travail qui sera défendue parce que le travail sera payé à sa juste valeur, la lutte contre toutes les formes d'insécurité, de violence et de précarité me permettront de construire une France paisible où l'on pourra réformer sans brutaliser, où jamais je ne dresserai les Français les uns contre les autres, les fonctionnaires contre les autres, ceux qui ont des heures supplémentaires contre ceux qui n'en ont pas, ceux qui ont des parachutes dorés et ceux qui sont licenciés. Je veux rassembler les énergies de ce pays, parce qu'elles sont nombreuses, elles sont même exceptionnelles.
Je compte en particulier sur la jeunesse. Je veux dire aussi à nos anciens qu'ils seront protégés et que je ferai tout pour sauver la sécurité sociale qui est aujourd'hui menacée. Je garantirai partout sur le territoire l'accès à la santé et au service public, parce que je sais que c'est l’une des conditions de l'efficacité économique du pays.
Je veux une France créative. Je veux une France imaginative. Je veux construire avec vous cette France présidente. "
Rédigé par : marc-sevres | 03 mai 2007 à 14:32